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Voici ce que les Sénégalais vont tirer de leur pétrole et Gaz

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Avec des ressources récupérables de pétrole  estimées à 0,9 milliards de barils dans le bloc Sangomar composées des puits de Sangomar (530 millions de barils) et FAN (330 millions de barils), le sénégal s’apprête à entrer dans le cercle très fermé des pays producteurs de l’or noir en 2023. La phase de production de pétrole dans le champ de Sangomar devrait débuter dans un an. Cette première phase sera assurée par l’unité flottante autonome de production, de stockage et de déchargement (FPSO) dont la capacité de production est d’environ 100 000 barils de pétrole brut par jour.  Le démarrage des exploitations des gisements gaziers du Grand Tortue Ahmeyim (GTA), estimés à 28 Millions de mètre cube par an, des réserves sont partagées avec la Mauritanie, est prévu la même année.

Plus de 500 Milliards de FCFA par an

 Selon le cadre juridique en vigueur, le partage des revenus issus de ces deux champs (GTA et SNE) permettra à l’Etat du Sénégal(PETROSEN y compris) d’obtenir une part estimée entre 52% et 66% des bénéfices non actualisés sur toute la période d’exploitation. Cette manne financière est évaluée à environ 30 Milliards de dollars US, sur les trente années d’exploitation, soit en moyenne plus de 500 Milliards de FCFA par an.  Une récente étude coréalisée par les spécialistes Babacar DIAGNE, Arona BA et  Diabel DIOP montrent que l’impact des revenus provenant de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières sur l’économie sénégalaise sera considérable.

Un gain de 5,7 points de pourcentage

Ainsi, les prévisions sur le moyen terme, intégrant la production future de pétrole et de gaz dans la branche des activités extractives, prévoient un impact considérable de l’exploitation sur l’évolution du PIB par rapport à la situation tendancielle. En effet, selon les experts, la croissance économique passerait de 11,5% en 2023 contre 5,5% en 2022, soit un gain de 5,7 points de pourcentage (le scénario de base). Ce changement radical dans la dynamique économique aurait des effets considérables sur les finances publiques en termes d’accroissement des recettes.  S’agissant du scénario favorable, basé sur une hypothèse plus optimiste limitant les effets négatifs qu’engendrerait la pandémie de covid19 sur les revenus des différents projets, dit-on, les résultats des simulations montrent un impact nettement plus positif.

Hausse de la consommation et des investissements privés

Ce constat s’explique par des revenus plus importants exclusivement destinés à des investissements pertinents qui impacteraient significativement l’activité avec une progression du PIB de 4,5% sur toute la période d’exploitation. La consommation et les investissements privés connaitraient des hausses respectives de l’ordre de 3,04% et 5,48%, soient des écarts nets par rapport au scénario de base de 1,24 et 2,40 points de pourcentage. Les exportations et importations augmenteraient de 9,38% et 4,37% se traduisant par une amélioration du compte courant de 1,70%. Mais attention à la malédiction de l’or noir, semblent alerter les auteurs de cette note. Les pays producteurs de pétrole et où les populations ne bénéficient pas pleinement de leurs ressources sont légion.

Attention !

Certains auteurs expliquent que c’est la dépendance et non la disponibilité des ressources naturelles qui engendrent des contre-performances sur l’économie. Il y a environ trente ans, l’Indonésie et le Nigeria avaient un revenu par habitant comparable, et tous deux dépendaient très largement des revenus du pétrole. Au début des années 2000, l’Indonésie se retrouvait avec un revenu par habitant quatre fois supérieur à celui du Nigeria. Le revenu par habitant du Nigeria a, en fait, chuté de 302,75 dollars en 1973 à 254,26 dollars en 2002. Dés lors, Une bonne gestion des recettes nécessiterait leur utilisation dans le cadre de financement de projets structurants pouvant significativement impacter l’économie. A cet effet, les autorités doivent davantage miser sur une gestion macro-budgétaire en faveur d’un renforcement des investissements publics, recommandent les auteurs de ladite note.

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