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Election présidentielle: ce que vous ne saviez peut-être pas sur la Gambie

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La Gambie, où le président Adama Barrow brigue samedi un second mandat, est un petit pays touristique mais pauvre d’Afrique de l’Ouest.

La Gambie, ancienne colonie britannique indépendante depuis 1965, est constituée d’une étroite bande de terre s’étirant à l’intérieur du Sénégal le long du fleuve Gambie, ainsi que d’une ouverture sur l’Atlantique.

Avec 2,4 millions d’habitants sur une superficie de moins de 11.000 mètres carrés, c’est l’un des pays les plus densément peuplés du continent (Banque mondiale 2020).

La Gambie, dont la population est en grande majorité musulmane, a porté plainte en 2019 contre la Birmanie, qu’elle accuse de génocide contre sa minorité musulmane rohingya.

De l’indépendance à 1994, le pays est dirigé par Sir Dawda Jawara. En 1994 Yahya Jammeh parvient au pouvoir lors d’un putsch sans effusion de sang.

Cet ancien militaire dirige le pays d’une main de fer, jusqu’à la victoire à l’élection présidentielle de décembre 2016 de l’opposant Adama Barrow. Yahya Jammeh refuse d’abord de reconnaître sa défaite, puis s’y résout après six semaines de crise, à la suite d’une intervention militaire et d’une médiation régionales. Il s’exile en Guinée Equatoriale.

En 2017, la Commission vérité réconciliation et réparations (TRRC) est instaurée pour enquêter sur les crimes commis sous le régime de Yahya Jammeh, accusé d’actes systématiques de torture contre les opposants, exécutions extrajudiciaires, détentions arbitraires, disparitions forcées et exorcismes sur des personnes soupçonnées de sorcellerie.

Cette commission a entendu entre 2019 et 2021 près de 400 témoins, victimes mais aussi d’anciens « Junglers » (« broussards »), les membres des escadrons de la mort du régime.

Dans son rapport remis le 25 novembre dernier, elle réclame des poursuites contre les principaux responsables des crimes. L’actuel président a six mois pour proposer un livre blanc sur la mise en oeuvre des recommandations.

Adama Barrow a été élu en 2016 sous les couleurs d’une coalition prévoyant que le nouveau président ne resterait que trois ans, avant une nouvelle élection.

En septembre 2019, une partie de la coalition a accepté qu’il termine son mandat, mais deux partis ont refusé, dont son ancienne formation l’UDP.

Fin 2019, des milliers de personnes ont manifesté à Banjul pour réclamer son départ, à l’appel d’un mouvement de la société civile, « Operation Three Years Jotna » (« Trois ans, il est temps »).

Début 2020, des milliers de Gambiens ont manifesté au contraire pour qu’il termine son mandat, puis des milliers de partisans de Yahya Jammeh ont défilé pour réclamer son retour.

Une nouvelle manifestation réclamant le départ du président a ensuite fait trois morts selon une source hospitalière, bilan démenti par les autorités, qui ont interdit le collectif anti-présidentiel.

L’économie gambienne repose essentiellement sur le tourisme, l’agriculture (arachide, millet, maïs, manioc), et l’argent envoyé par les Gambiens vivant à l’étranger (près de 22% du PIB selon la Banque mondiale).

Le Covid a freiné le tourisme l’année dernière, stoppant la croissance du PIB (0% selon la Banque mondiale). Le FMI prévoit un retour à une croissance de 6% cette année.

Loin des plages fréquentées par les touristes, près de la moitié de la population (48,6% en 2015 selon la Banque mondiale) vit sous le seuil de pauvreté. Le pays est classé 172ème sur 189 pour son indice de développement humain (Pnud 2020).

En 2017, la Gambie affichait le plus haut taux de migrants traversant la Méditerranée selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), fuyant notamment la pauvreté et la répression.

L’île James, sur le fleuve Gambie, inscrite au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco, est un symbole de la traite négrière. C’est là qu’a été emprisonné, avant une effroyable traversée enchaîné à fond de cale, l’esclave rebelle Kunta Kinté, rendu célèbre par le récit d’Alex Haley « Racines » puis son adaptation en série télévisée.

avec agence

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